« Si j’avais eu des ordonnances vierges, je les aurais vendues madame la juge »

Six mois de prison ferme et maintien en détention : c’est la peine à laquelle un receleur présumé a été condamné pour avoir tenté de vendre, à Barbès, 19 feuilles de soins vierges volées à son médecin.

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« Encore un ordonnancier volé ! », s’exclame la présidente du tribunal correctionnel de Paris qui juge, ce mercredi 20 mai 2015, le suspect d’un recel de vol en récidive, prévenu aussi d’avoir fait l’usage d’un nom imaginaire au moment de son interpellation, deux jours plus tôt, boulevard Barbès. Le médecin à qui un carnet entier contenant 50 précieuses feuilles de soins a été dérobé (lire, en cliquant ici, un article du Monde sur les agressions de praticiens) avait déclaré les faits le 21 octobre 2014. « Et six mois plus tard, les policiers vous surprennent au beau milieu d’une transaction avec deux toxicomanes, 19 de ces ordonnances vierges dans votre sacoche ! », lance encore, excédée, la magistrate au prévenu.

« C’est lui, qui est allé chez le médecin, pas moi ! »

Youcine B., la vingtaine, dans un survêtement arborant l’écusson du PSG, se montre désemparé : « Je n’ai rien volé du tout ! ». La présidente : « On ne vous reproche pas le vol mais le recel de vol ! ». Lui : « J’avais passé ma carte vitale à un copain ce jour-là ! Pour du Subutex (produit de substitution à l’héroïne, un médicament convoité par les narcotrafiquants – à lire sur France Info, en cliquant ici) ! C’est lui, qui est allé chez le médecin, pas moi ! ». Elle : « D’accord ! Mais les feuilles de soins étaient en votre possession ! ». Lui : « Si j’avais eu des ordonnances vierges, je les aurais vendues madame la juge ». Elle : « C’est bien ce que vous comptiez faire, boulevard Barbès, n’est-ce pas ? ». Lui : « Mais non ». Dialogue de sourds.

Il venait de sortir de prison

Outre les quatre versions différentes qu’il a offertes aux enquêteurs pour expliquer la provenance de cet ordonnancier, Youcine B. a donné l’identité d’un inconnu, puis de son frère, lors de son interpellation. Une interpellation qui a eu lieu deux mois à peine après sa sortie de maison d’arrêt, où il avait été envoyé pour le vol d’un téléphone portable, en récidive aussi, après une première affaire d’extorsion avec violence. La décision du tribunal n’a donc pas tardé à tomber : le receleur a été condamné à six mois de prison ferme et à son maintien en détention, malgré ses dénégations. « Oui mais madame la juge… », riposte l’intéressé à l’issue de son procès. « Oui mais c’est fini. »

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