L’homme de confiance coupable d’avoir dépouillé une mamie

Le tribunal correctionnel de Paris a jugé un agent d’entretien coupable, malgré ses contestations, d’avoir dépouillé une dame âgée et malade de quelque… 25 000 €, en un an.

La victime est aujourd'hui sous tutelle et hospitalisée (Photo d'illustration Flickr/CC)
La victime est aujourd’hui sous tutelle et hospitalisée (Photo d’illustration Flickr/CC)

Confiant ? Ange T., la trentaine, l’est sûrement : attaqué pour abus de faiblesse sur personne vulnérable, le père de famille, agent d’entretien dans la société de son père, arrive au palais de justice de Paris, mercredi 27 mai 2015, seul, sans avocat, pas même avec un proche. Vêtu d’un pantalon et d’une veste coordonnés en jean délavé, il s’avance, tranquille, à la barre du tribunal correctionnel, où les trois juges et le procureur s’apprêtent pourtant à le cuisiner. Quelle était exactement la relation qu’il entretenait, entre fin 2012 et octobre 2013, avec la vieille dame locataire d’un 15 m2 dans un immeuble qu’il nettoyait ? Pourquoi tous ces retraits d’argent s’élevant parfois à 700 € ? Pour quelle raison a-t-il encaissé un chèque de 3 000 € qu’elle lui aurait fait en juillet, alors même que sa pension de retraite n’est que de 1 200 € ? Autant d’interrogations auxquelles la tutrice de cette « mamie », dépendante, considérée comme « acariâtre » par les aides à domicile et les voisins, a fait part à la police, qui a mené son enquête.

25 000 € de robes pour une dame qui ne pouvait plus sortir de chez elle…

« J’allais toujours faire les courses pour elle. Elle me demandait de lui acheter des robes, des chemises de nuit… », répond invariablement le prévenu. « 25 000 € de robes pour une dame qui ne pouvait – physiquement – pas sortir de chez elle car malade et qui était très proche de ses sous ? Quelle élégance, pour cette femme dont on dit qu’elle vivait chichement ! », charge Jean-Pascal Oualid, le représentant du ministère public. « Elle me demandait de lui acheter des ampoules, des lampes, un radiateur, un ventilateur », trouve le mis en cause. « Et ces chèques de 2 000 puis de 3 000  € ? », demande le président Jean-Christophe Hullin. « Le premier, c’était pour mon permis. Elle m’avait dit qu’elle me paierait une voiture si j’avais le permis. Le second, c’était donc pour la voiture », explique simplement Ange T.

« Je l’aime bien, cette mamie […] Je ne suis pas un voleur »

Ange T., un homme de confiance ? « Je l’aime bien, cette mamie. Je la considérais comme ma grand-mère. Elle me donnait toujours quelque chose quand je lui rendais un service, c’est tout. Et puis l’aide-ménagère avait aussi sa carte bancaire… »  Irrités, les magistrats rappellent l’état de vulnérabilité de la victime, qui « n’avait plus toute sa tête » et qui a même « déraillé lors de son audition par les enquêteurs. Personne n’était dupe ! ». « Je ne suis pas un voleur : je n’ai jamais voulu l’escroquer. » Déjà condamné par le passé à une peine ferme pour des violences aggravées, le prévenu ne parviendra pas à convaincre le tribunal de sa bonne foi. Dix mois de prison et l’interdiction définitive d’exercer une profession qui le mettrait en relation avec des personnes âgées ont été prononcés à son encontre. De même que l’obligation de verser 25 000 € de dommages et intérêts à la partie civile.

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