Rejugé pour expliquer ses évasions de la prison de Fresnes

Abdallah S. avait été condamné à un an de prison ferme et à un mandat d’arrêt pour une deuxième évasion de la maison d’arrêt de Fresnes. Vendredi 29 mai 2015, le jeune homme de 25 ans a voulu s’expliquer devant la cour d’appel de Paris…

Le prévenu s'est fait deux fois la belle de la maison d'arrêt de Fresnes : il avait profité de permissions de sortie (Crédit ministère de la Justice)
Le prévenu s’est fait deux fois la belle de Fresnes, en profitant de permissions de sortie (ministère de la Justice)

Il a profité de la deuxième permission de sortie qui lui avait été accordée au titre du « maintien des liens familiaux » pour ne plus reparaître à la maison d’arrêt de Fresnes. C’était en juillet 2013. Ce jeune homme, âgé de 23 ans à l’époque, y était incarcéré pour complicité d’extorsion et escroquerie. Pour ce délit d’évasion, théoriquement passible de trois ans de prison, Abdallah S. a été condamné en son absence (puisque fugitif) à une année supplémentaire d’emprisonnement par le tribunal de Nanterre. Un an et demi après les faits. Nous sommes aujourd’hui le vendredi 29 mai 2015 et, retrouvé et interpellé de nouveau par la police, le prévenu comparaît devant la cour d’appel de Paris, qu’il a sollicitée, pour contester la sévère peine de prison dont il a écopé et expliquer la raison de ses évasions.

« Je ne pouvais pas retourner là-bas »

« J’étais maltraité par les gardiens. C’était invivable », annonce Abdallah S. au président Philippe Prudhomme. Rien à voir avec « le cas Ferrara » (lire l’article de Libération). « Nous avons deux rapports d’incident lors de votre détention à Fresnes : l’un concernait la découverte d’un téléphone portable dans une chaussure vous appartenant, l’autre des coups dans la porte de votre cellule, des menaces et insultes à agent », rapporte le juge en ajoutant : « Quand vous dites à un surveillant « Je vais te saigner », je peux comprendre qu’il y ait des tensions, en effet… ». Le prévenu : « Il m’ont battu. Ma cloison nasale a été déviée, j’ai maintenant des problèmes respiratoires ! Je ne pouvais pas retourner là-bas ».

Un an la première fois, six mois la seconde : c’est incompréhensible

Abdallah S. s’est fait la belle. Deux fois. Et il ne regrette pas. « J’ai revu ma fille, âgée de 4 ans aujourd’hui. Elle vit avec sa mère, dont je suis séparé, chez mon père. J’ai travaillé au noir, dans une entreprise d’énergies renouvelables. Depuis que je suis incarcéré à Nanterre, ça va beaucoup mieux : je n’ai pas de problèmes », assure-t-il. Condamné neuf fois par la justice, le suspect fait état d’un casier « marqué par les violences, les menaces et les crimes crapuleux. Depuis septembre 2014, vous purgez ainsi plusieurs peines à la maison d’arrêt des Hauts-de-Seine », résume encore le président. L’avocat général : « Vous avez bénéficié de mesures de clémence. La mésentente avec un gardien est bien sûr possible mais il est également possible d’en parler au directeur de l’établissement. Je note que la première évasion a été sanctionnée par un an de prison et la deuxième, par une peine moindre, de six mois. C’est incompréhensible. Dans un souci de cohérence, je réclame donc que la première sanction soit ramenée à six mois », requiert-il. La cour se prononcera le 19 juin.

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