En prison pour avoir corrigé un épicier, « déplacé » avec les femmes

Un habitant du XVIIIe arrondissement de Paris devra annuler son mariage et passer les six prochains mois de sa vie en prison. Mardi 9 juin 2015, il a mis trois coups de poing et un coup de casque au visage de son voisin, épicier de profession, qui venait de porter un regard « pervers » sur sa promise…

(Denis MC/cc/Flickr)
(Denis MC/cc/Flickr)

« Je sortais du restaurant avec ma compagne, on avait bu une bouteille de vin à deux, on était heureux et voilà… Ça m’est tombé dessus. » En rentrant chez lui, le prévenu a croisé l’épicier de son quartier, des Grandes-Carrières, dans le XVIIIe, il a échangé un regard, une parole, et… « C’est parti en bagarre », dira la conjointe aux policiers. L’homme qui se tient dans le box des détenus du tribunal correctionnel de Paris, ce vendredi 12 juin 2015, soit trois jours après son interpellation, est présenté en comparution immédiate pour répondre de violences en état d’ivresse manifeste et en récidive. Le commerçant s’est plaint de trois coups de poing et d’un coup de casque au visage (qui lui ont valu trois jours d’incapacité totale de travail). Le mis en cause avoue « deux ou trois gifles » et dénonce le comportement irrespectueux de la victime à l’égard de sa dulcinée et des femmes en général. Bref : il plaide la légitime défense.

Dès qu’il voit une femme en jupe…

« Je le connais depuis quinze ans : il est insupportable. Il a un regard narquois, belliqueux et pervers dès qu’il voit une femme en jupe. Trois semaines avant, ma compagne avait fumé une cigarette avec lui et il s’est permis de faire des allusions douteuses. Elle a coupé court à la conversation et elle est venue me la raconter. Ça me trottait de lui parler », raconte le « justicier », la trentaine, très mince, très grand, nonchalant. « Ce soir-là, je lui ai donc fait remarquer qu’il avait eu une discussion déplacée et, au lieu de me répondre directement, il s’est adressé à elle. » Il n’en fallait pas davantage au prévenu pour qu’il cède à la colère et à l’envie de frapper : son casier judiciaire est émaillé de huit condamnations et la moitié concerne des violences. « Je ne laisse pas passer certaines choses. Là ou dans le métro, quand personne ne fait rien, c’est toujours moi le premier à bouger », confesse-t-il à la présidente, imperturbable devant les larmes de son interlocuteur. C’est qu’il devait se marier en septembre…

« L’histoire se répète »

« Cette audience constitue un cuisant échec pour monsieur, un impulsif qui, pourtant, a déjà bénéficié de deux peines avec sursis et mise à l’épreuve. L’histoire se répète… », annonce le procureur avant de réclamer dix mois de prison, dont quatre avec sursis assortis d’une nouvelle mise à l’épreuve de deux ans, comportant une obligation de soins psychologiques et, surtout, le maintien en détention du prévenu, chauffeur VTC depuis dix ans et « plutôt bien inséré », concède-t-elle.
Peine requise, peine prononcée : le multirécidiviste restera donc en prison et devra 650 € de dommages et intérêts à la victime.

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