« Brian » avoue vendre du cannabis pour en fumer gratuitement

Justice ordinaire, mardi 23 juin 2015, dans la salle du tribunal correctionnel de Paris réservée au comparutions immédiates. Un dealer se faisant appeler « Brian » confie : « Je n’arrive pas à me sortir du cannabis ». Il en vend pour en fumer, « une dizaine de joints » par jour depuis ses 17 ans. Il a été condamné à un an de prison, dont huit mois ferme.

Le prévenu fume une dizaine de joints par jour depuis ses 17 ans (illustration Eva Maria/cc/Flickr)
Le prévenu fume une dizaine de joints par jour depuis ses 17 ans (illustration Eva Maria/cc/Flickr)

La deuxième affaire de stupéfiants que le tribunal correctionnel de Paris spécialisé dans les comparutions immédiates juge, ce mardi 23 juin 2015, a tout du cliché. Un homme, jeune, portant des dreadlocks mi-longs, au carré, apparaît dans le box des détenus. Jean-Charles C. n’a pas encore 25 ans et il va s’agir là de sa septième condamnation depuis sa majorité. Oui, il se fait appeler « Brian ». Oui, il fume de l’herbe, beaucoup. « Une dizaine de joints par jour, depuis mes 17 ans. » (lire l’article du Parisien sur l’usage des drogues chez les jeunes) Il se fournit en banlieue, à Montreuil, il l’avoue. Et oui encore, il en vend, pour n’avoir à mettre que 50 € de sa poche dans sa consommation, mensuelle.

« Pour apaiser mes problèmes »

Son interpellation ? Aussi banale que l’instruction du dossier à l’audience. « Dimanche 21 juin, 17h50, rue de la Voûte dans le XIIe arrondissement de Paris. La police en patrouille assiste à une transaction. Le client est surpris avec 4 g de cannabis. Vous, avec 40 € », lit la présidente, Florence Schmidt-Pariset.
– « Pourquoi fumez-vous ? »
– « Pour apaiser mes problèmes. »
– « Avez-vous essayé de vous arrêter ? »
– « Non, je suis dépendant. Et je ne suis pas au courant des aides disponibles. »
– « Votre casier judiciaire commence en 2009 avec, déjà, des soucis avec les produits stupéfiants. Vous avez même été incarcéré un mois et avez été placé sous bracelet électronique pendant quatre autres mois : on vous a forcément parlé des aides ! », s’étonne la juge.
– « Je n’arrive pas à me sortir du cannabis. J’aimerais bien suivre des soins : je me suis rendu compte que ça ne sert à rien, de fumer. »

Condamné à de la prison ferme, sans mandat de dépôt

Jean-Charles C. écoute attentivement la magistrate, qui déroule rapidement sa « personnalité ». « Vous habitez chez votre mère dans le XXe. Vous avez une fille âgée de 4 ans qui vit avec sa mère, chez vos beaux-parents. Vous avez l’intention d’emménager ensemble. Vous percevez actuellement 600 € et vous êtes donc logé. Que faisiez-vous, avant votre interpellation ? » « Des déménagements, de la peinture en bâtiment… Je suis actuellement une remise à niveau pour rentrer en école de plomberie, j’espère. »
Ce sera tout, du récent passé du prévenu. La procureure a déjà réfléchi à son avenir : « Je requiers que soit prononcée à son encontre une peine de douze mois de prison, dont quatre avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de deux ans, comportant une obligation de soins et de travail. Je laisse le mandat de dépôt à l’appréciation du tribunal » (lire en cliquant ici un témoignage sur « la génération H » dans L’Obs). Le futur du jeune homme correspondra donc aux réquisitions du ministère public : l’épée de Damoclès pèsera aussi longtemps sur sa vie. Il n’ira pas en prison, les huit mois ferme – aménageables avec un juge d’application des peines – n’ont pas été assortis d’un mandat de dépôt.

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