Epilation, drogue et violences : Pendant ce temps-là, au palais…

Chroniques s’est rendu au palais de justice de Paris mercredi 2 septembre, après un mois et demi d’absence. Tour d’horizon, dans les tribunaux correctionnels.

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La dizaine d’avocats convoqués à cette audience se presse devant la présidente : le procès des instituts de beauté pratiquant l’épilation par lumière pulsée doit être renvoyé. La vidéaste de l’AFP, restée devant la porte du tribunal correctionnel, est en train de ranger son matériel. Sa collègue, rédactrice, a pris le relais et noircit consciencieusement son cahier de notes. L’affaire en elle-même ne sera examinée que plus tard, a finalement décidé la magistrate du siège. Cet après-midi du mercredi 2 septembre sera, elle, consacrée à des questions strictement juridiques. Chroniques lève le camp.

Cannabis, cocaïne et MDMA

Autre salle, autres dossiers. Là, les prévenus défilent dans le box des détenus pour demander leur remise en liberté, en attendant leur procès. « Ce ne sont que des affaires liées aux stupéfiants », apprend un gendarme, qui filtre les entrées. La présidente vient d’appeler l’un des intéressés, Pierre M. Ce trentenaire, titulaire d’une carte de séjour belge, a été interpellé en possession de 24 kg de cannabis. « Le trafic est international », estime la procureure à l’audience. « Et il a déjà été condamné à quatre ans de prison ferme par la cour d’appel de Versailles, en 2003, pour des faits similaires », rappelle l’accusation. L’affaire est prévue pour être jugée le 28 septembre. Pierre M. patientera derrière les barreaux : sa demande est rejetée.

Il est encore question de drogue lorsque Chroniques arrive au tribunal correctionnel chargé des comparutions immédiates. Contre ce jeune Parisien soupçonné d’avoir revendu « quelques grammes de cocaïne et MDMA, et qui a reconnu les faits lors de sa garde à vue en juillet dernier », selon la plaidoirie de son défenseur, le représentant du ministère public vient de réclamer une lourde peine de quatre ans de prison ferme. Pour lui, le trafic qu’on impute à cet homme, bénéficiaire depuis trois ans du RSA et vivant ainsi « sur le dos de la collectivité », est d’ampleur. L’avocate s’indigne : « S’est-il enrichi, durant les 16 mois d’écoutes téléphoniques ? Non. Il habite dans un 50 mètres carrés, à dix ! La police l’a d’ailleurs arrêté parce qu’il n’est qu’un vendeur occasionnel et que le rythme des transactions ralentissait ! ». Le tribunal a entendu : le dealer présumé écope de trente mois de prison mais il restera en détention et la voiture de sa soeur, qui a servi au trafic, est confisquée.

« Je vais te dégommer, comme les frères Kouachi »

Toujours en comparution immédiate mais cette fois dans le registre des « violences volontaires » et menaces de mort contre des fonctionnaires, c’est au tour de Kamel M., de se présenter devant la présidente Florence Schmidt-Pariset. Problème : l’avocat du prévenu annonce que son client, magasinier, est absent, compte tenu du fait qu’il est « en CDD et en pleine période d’essai ». C’est donc la magistrate et les victimes, des policiers, qui raconteront l’interpellation survenue le 27 juillet gare de Lyon, sur le quai du RER A. Son motif, et comment elle a dégénéré. D’après les procès-verbaux, le suspect, énervé d’avoir raté son train à cause du contrôle d’identité que les gardiens de la paix étaient en train de mener, s’est opposé à son transfert en garde à vue. Il a bien le droit, pense-t-il, de transporter une bombe lacrymogène. De la parole au geste, et de la gare de Lyon au commissariat, il manque de crever un oeil de l’un des fonctionnaires, se débat, et profère cette phrase qui aurait pu le faire renvoyer devant ses juges pour apologie d’actes de terrorisme : « Je vais te dégommer avec un fusil à pompe, comme les frères Kouachi« . Loin des attentats de janvier à Paris, Kamel M. sera condamné à sept mois de prison et à verser 1.600 € de dommages et intérêts aux policiers, deux d’entre eux ayant été blessés tandis qu’ils tentaient de le maîtriser.

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