A suivre : Le procès des djihadistes présumés de Forsane Alizza

Réel risque terroriste ou rigorisme religieux ? Les médias annoncent la comparution de 15 personnes appartenant au groupe Forsane Alizza, « Les cavaliers de la Fierté », devant le tribunal correctionnel de Paris, dès lundi 9 juin 2015.

(Crédit Picti90/cc/Flickr)
(Crédit Picti90/cc/Flickr)

Au cœur du dossier, figure Mohamed Achamlane, 37 ans, présenté comme l’« émir » de Forsane Alizza, un groupe de djihadistes présumés démantelé en 2012. Officiellement, explique 20 Minutes avec l’AFP, cet habitant de la banlieue de Nantes a fondé le site internet Forsane Alizza pour lutter contre l’islamophobie. Mais face à certains propos jugés trop virulents et à des perquisitions « fructueuses », quinze personnes dans le giron du service des renseignements depuis 2011 sont renvoyées lundi 9 juin 2015 devant le tribunal correctionnel de Paris, à partir de 13h30, pour répondre de préparation d’actes terroristes.

« Par Allah tout puissant, on va lui mettre des cicatrices à la France »

Accusé de prôner la lutte armée, Forsane Alizza est dissous en 2012 par le ministère de l’Intérieur. Les investigations se poursuivent, sur la toile notamment, où les enquêteurs découvrent que, dans un chat privé, le principal mis en cause s’intéresse au réglage de lunettes de fusil, aux gilets pare-balles et qu’il écrit entre autres : « Par Allah tout puissant, on va lui mettre des cicatrices à la France ». Chez lui, la police retrouve trois armes de poing et trois fusils d’assaut démilitarisés. Chez d’autres, elle met la main sur un revolver, un pistolet, une carabine… A l’époque, Nicolas Sarkozy parle d’« éléments extrêmement sérieux ». Mais le procureur de la République évoque uniquement un projet, sans « tentative de commencement d’exécution ».

Bataille d’avocats

Depuis, les avocats s’opposent.  « On fait de cette propagande une association de malfaiteurs en considérant que l’islam rigoriste prôné par Forsane Alizza aurait en quelque sorte couvert la préparation d’actes terroristes. Mais dans les faits, rien de tangible n’a été démontré », explique par exemple Me Bérenger Tourné, dans 20 Minutes. De leur côté, Mes Antoine Casubolo-Ferro et Géraldine Berger-Stenger, s’apprêtent à intervenir au nom des centaines d’adhérents à l’Association française des victimes du terrorisme. Chroniques a interrogé l’avocate et sa position est parfaitement claire : « Entre la radicalisation et les actes, il se passe des années, durant lesquelles les candidats s’entraînent et s’organisent. Toute la difficulté de ce dossier sera de démontrer la dangerosité de ces personnes qui, heureusement, ont été interpellées avant » qu’un quelconque attentat n’ait été commis. L’instruction à l’audience est prévue pour durer jusqu’au 23 juin. Les prévenus risquent jusqu’à dix ans de prison.

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